lundi 18 août 2025

Internet gratuit pour tous : entre droit fondamental et responsabilité numérique


L’émission « Éducation pour tous », animée par les jeunes reporters de Bukavu, a consacré son dernier numéro à un débat de fond sur l’accès universel à l’internet. Le thème, « Tout le monde devrait-il avoir accès à l’internet gratuitement ? », a suscité un vif intérêt, ce lundi 18 Aout 2025, tant chez les invités que chez les auditeurs. Dans un monde de plus en plus connecté, cette question soulève des enjeux cruciaux liés à l’éducation, à la justice sociale, à la sécurité et à la citoyenneté.


Parmi les intervenants, les Veilleurs du Web de Bukavu ont marqué le débat par leur engagement en faveur d’un numérique responsable. Ce collectif de jeunes militants a défendu l’idée que l’accès à l’internet devrait être reconnu comme un droit fondamental, au même titre que l’eau potable, l’électricité ou l’éducation. Cosna Muhigwa, l’un des membres les plus actifs du collectif, a souligné avec force que l’internet est devenu un pilier de la vie moderne. Selon elle, refuser l’accès à ce réseau mondial, c’est priver les citoyens de leur droit à l’information, à l’éducation et à la participation sociale. Elle a comparé l’internet à une ressource vitale, indispensable à l’épanouissement individuel et collectif.

Les avantages d’un accès démocratisé au réseau ont été largement soulignés. Il permet une circulation rapide de l’information, favorise l’accès à des ressources documentaires variées et offre aux jeunes la possibilité de développer leurs compétences numériques. Grâce à des plateformes éducatives, des formations en ligne et des outils collaboratifs, l’internet devient un levier d’autonomisation et d’innovation, notamment dans les milieux défavorisés.

Cependant, les intervenants n’ont pas éludé les risques liés à une gratuité totale et non encadrée. Plusieurs jeunes ont mis en garde contre les dangers de la désinformation, de la cybercriminalité et de l’addiction aux réseaux sociaux. Luc Bienfait, veilleur du Web reconnu pour son expertise en sécurité numérique, a insisté sur la nécessité de protéger ses données personnelles. Il a rappelé que l’ouverture du web ne doit pas se faire au détriment de la vie privée. Selon lui, chaque internaute doit apprendre à sécuriser ses comptes, à reconnaître les menaces en ligne et à adopter des comportements prudents. Il a affirmé que :
« la liberté numérique ne vaut que si elle est accompagnée d’une conscience numérique ».

Alice Mugisho, intervenante engagée dans l’éducation communautaire, a quant à elle mis l’accent sur l’importance d’un encadrement de la population. Pour elle, l’accès gratuit à l’internet ne peut être bénéfique que si les citoyens sont formés à un usage responsable. Elle a plaidé pour des programmes d’éducation numérique accessibles à tous, afin d’éviter les dérives liées à l’ignorance ou à la mauvaise utilisation des outils numériques. 
« Il ne suffit pas d’ouvrir les portes du web, il faut aussi apprendre à y marcher sans tomber », a-t-elle déclaré avec conviction.

Le rôle des jeunes dans cette transformation a été au cœur des échanges. Les reporters ont souligné que la jeunesse, en tant que première utilisatrice du web, doit devenir actrice du changement. Cela passe par l’information, l’éducation entre pairs, l’innovation locale et la mobilisation citoyenne. Les jeunes peuvent concevoir des solutions adaptées à leur contexte, militer pour des politiques inclusives et promouvoir un usage intelligent et critique du numérique.

Enfin, le débat a mis en lumière la nécessité de politiques publiques fortes pour accompagner cette ambition. L’accès universel à l’internet ne peut être efficace que s’il repose sur des infrastructures durables, une régulation des contenus, une protection des données et une éducation numérique dès le plus jeune âge. L’État, les organisations de la société civile et le secteur privé doivent travailler ensemble pour garantir un internet libre, sécurisé et équitable.

lundi 11 août 2025

Musique et culture urbaine : la jeunesse de Bukavu s’exprime haut et fort


Ce lundi, les ondes de Radio Maendeleo ont résonné au rythme d’une émission spéciale consacrée à l’impact de la musique et de la culture urbaine sur les jeunes. Organisée dans le cadre du programme DGD 2022–2026, mis en œuvre par KIYO à travers le projet Autonomisons ensemble les jeunes en RDC, cette rencontre a permis de mettre en lumière les voix, les talents et les aspirations d’une jeunesse en quête d’expression et de reconnaissance.

L’émission a accueilli deux invitées emblématiques de la scène urbaine locale : Alice Mugisho, Jeune Reporter et Analyste, et Charmante Mugisho, danseuse engagée. À travers leurs témoignages, elles ont partagé comment la musique et la danse deviennent des outils puissants d’émancipation, de sensibilisation et de transformation sociale. Pour Alice, la culture urbaine est bien plus qu’un divertissement :

 « C’est une forme de résistance douce, un langage codé que les jeunes utilisent pour dire ce qu’ils vivent, ce qu’ils rêvent, ce qu’ils refusent. » 

Charmante, quant à elle, a évoqué la danse comme une manière de s’affirmer et de transmettre des messages forts :

 « Chaque pas de danse est une parole, chaque chorégraphie est une revendication. »

Une jeunesse créative, consciente et engagée

Les échanges ont révélé une jeunesse dynamique, inventive et profondément consciente des enjeux sociaux qui l’entourent. À travers le rap, le slam, la danse , les jeunes de Bukavu s’approprient des formes artistiques pour exprimer leurs réalités, leurs frustrations mais aussi leurs espoirs. Ces pratiques culturelles deviennent des espaces de dialogue, de cohésion et de mobilisation, surtout dans un contexte où les jeunes sont souvent marginalisés ou sous-représentés.

L’émission s’inscrit dans les activités du groupe des Jeunes Reporters, accompagnés par ASCEN (African Social Cohesion And Entrepreneurship Network), qui œuvre à Goma pour renforcer les capacités des jeunes à travers la communication, la culture et l’entrepreneuriat social. Grâce à ce programme, les jeunes ne sont plus de simples bénéficiaires : ils deviennent des acteurs du changement, des créateurs de sens et des leaders de demain.

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